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14 oct. 2026

"Gabrielle" de Simone Gelin






[CHRONIQUE] Eh coucou Les Loulous ! Avec Le Bibou, nous sommes cette fois partis à la rencontre de "Gabrielle", l’héroïne du roman de Simone Gélin, et autant vous dire que nous avons fait un sacré voyage dans le temps !


***Brouillon de Chronique***

Direction la fin du XIXᵉ siècle, une époque où la vie des femmes est loin d’être un long fleuve tranquille et où leur destin semble souvent écrit d’avance. Et Gabrielle va justement devoir composer avec une société qui décide beaucoup de choses à sa place…

Dès son plus jeune âge, Gabrielle connaît la dureté de la vie. Placée comme servante alors qu’elle n’a que neuf ans, elle découvre très tôt le travail, les contraintes et cette condition de femme qui laisse finalement bien peu de place à la liberté. Elle va grandir dans cet univers, apprendre à travailler, à obéir, à se débrouiller… mais aussi, petit à petit, à réfléchir.

Et c’est justement là que j’ai trouvé Gabrielle particulièrement intéressante. Parce que son émancipation ne va pas arriver d’un coup, comme par magie. Elle va se construire progressivement, notamment grâce aux livres. La lecture va lui ouvrir une véritable fenêtre sur le monde. Elle découvre des auteurs, des idées, d’autres façons de penser et commence à porter un regard différent sur la société qui l’entoure. Et forcément, plus elle apprend, plus elle se pose des questions. Sur la place des femmes, sur le mariage, sur le travail, sur les différences entre les classes sociales… Bref, Gabrielle commence à comprendre que ce qu’on lui présente comme une évidence n’en est peut-être pas une.

Et franchement, j’ai beaucoup aimé cet aspect du roman. Parce que Gabrielle ne devient pas une femme libre du jour au lendemain. Elle apprend d’abord à penser par elle-même. Et dans une société comme celle de la fin du XIXᵉ siècle, c’est déjà énorme !

Évidemment, son chemin va aussi être jalonné de rencontres et de choix qui vont bouleverser son existence. Il y a Pierre, notamment, avec qui elle va construire sa vie. Et là encore, Simone Gélin nous montre bien toute la complexité du mariage à cette époque. Pour une femme, se marier, ce n’est pas seulement une histoire de sentiments. C’est aussi une question de sécurité, de place dans la société, de famille et de convenances.

Mais Gabrielle porte avec elle des blessures et des secrets qu’elle ne peut pas simplement laisser derrière elle. Et ces non-dits vont forcément finir par peser sur sa nouvelle vie.

Le roman aborde d’ailleurs des sujets particulièrement forts autour de la condition féminine : le travail, la maternité, la dépendance économique, les violences faites aux femmes, mais aussi cette manière qu’avait la société de considérer leur corps et leur avenir comme des choses appartenant finalement aux autres. Et forcément, avec notre regard d’aujourd’hui, certaines situations font franchement grincer des dents ! 

La maternité occupe également une place importante dans l’histoire de Gabrielle. Mais là encore, pas question de nous servir une vision toute rose et bien propre de la maternité. Être mère, à cette époque, signifie aussi travailler, nourrir, prendre soin, parfois faire des choix douloureux et mettre ses propres besoins de côté. Gabrielle va être confrontée à tout cela et devra encore une fois composer avec ce que la vie lui impose.

Et puis il y a les livres, toujours. J’ai vraiment aimé cette place qu’ils occupent dans son parcours. Ils ne sont pas là uniquement pour faire joli dans le décor : ils participent véritablement à sa construction. Ils lui permettent de découvrir des idées nouvelles, de nourrir sa réflexion et surtout de comprendre qu’un autre monde est possible. On sent Gabrielle grandir intellectuellement au fil des pages et prendre progressivement conscience de sa propre valeur.

Mais attention, Les Loulous, parce que Gabrielle n’est pas uniquement un roman historique consacré à l’émancipation d’une femme. Plus l’histoire avance, plus une certaine tension s’installe. Les relations entre les personnages se compliquent, les secrets deviennent de plus en plus lourds et l’intrigue prend progressivement une tournure beaucoup plus sombre.

Et là, forcément, on commence à se demander où tout cela va nous mener… 

Sans vous spoiler, parce que ce serait vraiment dommage, disons simplement que les non-dits, les malentendus et les blessures du passé vont finir par avoir de lourdes conséquences. Le récit quitte alors peu à peu la simple chronique familiale pour prendre des airs de drame, voire de roman à suspense.

Et c’est justement cette évolution que j’ai trouvée intéressante. On commence par suivre le parcours d’une jeune fille puis d’une femme dans une société très codifiée, on découvre son évolution, ses rencontres, ses choix, ses difficultés… et progressivement, l’histoire prend une tout autre dimension.

Gabrielle est finalement un personnage profondément humain. Elle n’est pas parfaite, elle doute, elle se trompe, elle garde des choses pour elle, elle tente de protéger ceux qu’elle aime et surtout, elle avance comme elle peut dans un monde qui ne lui facilite franchement pas la tâche. Mais c’est justement cette humanité qui la rend attachante.

Et puis il faut parler du contexte historique, parce que Simone Gélin réussit à nous faire ressentir cette époque sans que le récit ressemble à un cours d’histoire. On découvre les conditions de vie des femmes, le travail, les rapports entre les différentes classes sociales et toutes ces règles qui régissent la vie quotidienne. Et forcément, cela permet de mesurer le chemin parcouru depuis cette époque.

Ce qui m’a également beaucoup plu, c’est que le roman s’inspire en partie de personnes et de faits réels. L’autrice revient d’ailleurs à la fin sur ce qui est vrai dans son histoire et sur les éléments qu’elle a choisi de fictionnaliser. Et je trouve toujours intéressant, une fois le livre terminé, de découvrir ce qui appartient réellement à l’Histoire et ce qui est sorti de l’imagination de l’autrice. Cela donne une autre profondeur au récit.

Parce que finalement, derrière Gabrielle, il y a aussi toutes ces femmes dont les histoires n’ont pas forcément été racontées. Des femmes qui ont travaillé très jeunes, qui ont subi les contraintes de leur époque, qui ont élevé leurs enfants dans des conditions parfois difficiles et qui ont dû se battre, chacune à leur manière, pour avoir un peu de liberté.

Avec Le Bibou, nous avons donc découvert un roman qui nous plonge dans une époque où être une femme signifiait encore devoir composer avec énormément de contraintes. Une histoire de femme, de famille, de maternité, de secrets et surtout d’émancipation.

Et si vous aimez les romans historiques qui mettent en avant des destins féminins, les personnages qui évoluent au fil des pages et les histoires inspirées de faits réels, Gabrielle pourrait bien vous plaire.

Une lecture qui nous fait voyager dans le temps, qui nous fait découvrir le destin d’une femme profondément marquée par son époque et qui nous rappelle surtout une chose : la liberté que nous considérons aujourd’hui comme acquise ne l’a pas toujours été.

Bref, Les Loulous, encore une jolie découverte pour nous !

Comité lecture et SP : livre offert, chronique non rémunérée. Merci MCS !

Bisous les Loulous ! 

** La revue de presse de L'instant des lecteurs **








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Note : 4/5

Année de parution : 14/10/2026
Nombre de pages : 316
Temps de lecture : /
ISBN/EAN : 978-2-489013-04-7
Éditions : MCS

***Résumé (quatrième de couverture) :***

Dans un petit village des landes girondines, au XIXe siècle, Gabrielle est placée comme domestique chez les Borie, riches négociants en vin.

Elle n’a que neuf ans lorsqu’elle franchit la porte de cette grande maison où tout lui est étranger : le luxe, l’ordre et l’autorité des maîtres. Gabrielle grandit entre ces murs, les corvées, la lessive, et la cuisine. L’enfance s’efface, la fatigue et la solitude forgent sa résistance et sa volonté.

Derrière son apparente docilité, cette carapace silencieuse, sa pensée s’éveille grâce à la lecture des grands auteurs. Elle apprend à préserver un espace inviolable : sa liberté intérieure.

Gabrielle raconte une enfance volée et la naissance d’une conscience.

Un roman sensible et percutant sur le travail des enfants et la condition féminine au XIXe siècle.

Une fille pauvre. Un destin imposé.

Une volonté indomptable.

*** Quelques mots sur l'auteur(e) ***

Après une carrière dans l’enseignement, Simone Gélin se consacre à l’écriture de romans dont le cadre privilégié est Bordeaux et le bassin d’Arcachon, où elle vit et puise son inspiration.

Ses écrits ont reçu plusieurs récompenses : Prix de la nouvelle au salon du livre de Hossegor en 2012, et au Festival Paris Polar en 2016 ; Prix Augiéras en 2014 à Périgueux et prix du jury au salon de Saint‐Estèphe pour le roman Le Journal de Julia. En 2017 elle obtient le Prix de l’Embouchure au festival international de littérature policière Toulouse Polars du Sud pour L’Affaire Jane de Boy.
En 2018 elle publie dans la collection Du Noir au Sud Sous les pavés la jungle, en 2019 la réédition en poche de Truc vert , en 2020 une nouveauté remarqué par la critique Adieu Lola et la réédition poche du titre Le journal de Julia.

En 2021, son titre " Adieu Lola" est récompensé par le prix Jaune Corbeau lors du Festival Regards Noirs de Niort. [Source_Babelio]

************************RÉSUMÉ AVEC RÉVÉLATIONS *******************************

/!\ /!\ /!\ /!\ /!\ /!\ REVELATIONS /!\ /!\/!\/!\/!\/!\/!\

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