[CHRONIQUE] Eh coucou Les Loulous ! Aujourd’hui, je viens vous parler d’un roman qui m’a embarquée dans une histoire où, clairement, plus on avance, plus on se pose de questions… et pas forcément les bonnes ! Je parle de "La Femme effacée" de Sidonie Bonnec.
On fait la connaissance de Candice, une femme d’une quarantaine d’années, mère d’une petite fille de cinq ans, Alma, et mariée à Gauthier. En apparence, tout va plutôt bien : une jolie vie parisienne, un mari qui semble avoir tout pour lui, une petite fille adorable et un métier de biographe. Mais voilà… en apparence seulement !
Parce qu’Alma se réveille toutes les nuits en hurlant. Des terreurs nocturnes qui épuisent complètement Candice et qui vont rapidement devenir le point de départ d’une histoire particulièrement troublante. Et quand on commence à manquer de sommeil, à accumuler les inquiétudes et à ne plus savoir quoi penser de ce qui nous entoure… forcément, on finit par douter de soi.
Et c’est justement là que Sidonie Bonnec nous embarque !
Parce que "La Femme effacée", ce n’est pas simplement un thriller psychologique. C’est un roman qui joue beaucoup avec nos perceptions et qui nous pousse constamment à nous demander ce qui est réel, ce qui ne l’est pas, ce que Candice imagine et surtout… à qui peut-elle vraiment faire confiance ?
J’ai beaucoup aimé cette ambiance assez particulière. Il y a quelque chose de pesant tout au long du roman. La pluie qui tombe sans arrêt sur Paris, les nuits difficiles, les inquiétudes de Candice, cette impression que quelque chose ne tourne pas rond… Tout contribue à créer une atmosphère franchement oppressante.
Et puis il y a cette fameuse cave…
Je ne vous en dirai évidemment pas davantage, parce que c’est justement l’un des éléments qui va faire basculer l’histoire. Mais disons simplement qu’un élément découvert dans les profondeurs de l’immeuble va pousser Candice à s’intéresser à une histoire beaucoup plus ancienne.
Et là, nous voilà partis sur une autre temporalité, plusieurs siècles en arrière, avec une histoire de femme, de silence et d’effacement.
J’ai trouvé cette construction particulièrement intéressante parce qu’elle apporte une vraie profondeur au récit. On passe progressivement d’un thriller psychologique assez intime à quelque chose de beaucoup plus vaste, avec une dimension historique qui vient nourrir toute l’intrigue.
Et forcément, le titre prend alors tout son sens.
Parce que derrière cette histoire, Sidonie Bonnec nous parle surtout des femmes, de celles que l’on ne voit plus, de celles dont la voix est étouffée, de celles dont l’histoire disparaît peu à peu… et de toutes ces femmes qui peuvent finir par s’effacer sans même s’en rendre compte.
J’ai également beaucoup aimé le personnage de Candice. Elle est loin d’être parfaite, elle doute, elle s’interroge, elle fatigue, elle se remet constamment en question. Et c’est justement ce qui la rend crédible. On est vraiment avec elle dans ses questionnements et ses incertitudes.
Et alors, Gauthier… comment vous dire ?!
Voilà typiquement le genre de personnage qui nous fait lever un sourcil, puis le deuxième, puis finalement les deux en même temps ! On sent rapidement qu’il y a quelque chose qui cloche, mais impossible de savoir exactement quoi. Et cette ambiguïté fonctionne plutôt bien parce qu’elle nous pousse à nous méfier de tout et de tout le monde.
J’ai aussi beaucoup apprécié le travail autour de l’histoire des femmes et des recluses. C’est un aspect que je connaissais très peu et qui apporte quelque chose de vraiment intéressant au roman. On sent que l’autrice s’est documentée et qu’elle avait envie de faire découvrir cette partie méconnue de notre histoire.
Alors forcément, il faut aimer les romans qui prennent leur temps pour installer leur ambiance et leurs personnages. Ici, on est davantage dans une montée progressive de la tension que dans un thriller où il se passe quelque chose toutes les trois pages.
Mais justement, cette lenteur participe aussi à cette sensation de malaise qui s’installe petit à petit.
Et puis, j’ai aimé le fait de ne jamais savoir exactement où l’autrice voulait nous emmener. On pense avoir compris quelque chose… puis un petit élément vient nous faire douter. On croit tenir une explication… et hop, nouveau questionnement !
La vache, j’aime quand un roman me fait cogiter !
Et même si tout ne m’a pas forcément convaincue de la même manière, notamment certains aspects de l’intrigue qui pourront probablement diviser, j’ai vraiment apprécié cette lecture pour son atmosphère, son originalité et surtout pour les thèmes qu’elle aborde.
Parce qu’au fond, "La Femme effacée", c’est bien plus qu’une histoire de secrets et de mystères.
C’est une histoire de femmes.
Des femmes que l’on enferme, que l’on fait taire, que l’on oublie ou que l’on finit par ne plus voir.
Et derrière le thriller, il y a donc une vraie réflexion sur l’emprise, la transmission, la mémoire et cette nécessité de faire remonter à la surface ce que l’on aurait préféré laisser enfoui.
Alors, est-ce que j’ai aimé ?
Oui !
J’ai aimé me laisser embarquer dans cette ambiance étrange et oppressante, j’ai aimé découvrir cette partie historique autour des recluses et j’ai surtout aimé cette façon qu’a Sidonie Bonnec de mélanger thriller psychologique, histoire et une petite touche plus mystérieuse.
La Femme effacée est un roman qui nous pousse à regarder derrière les apparences et à nous demander ce qui se cache réellement derrière une vie qui semble parfaitement normale.
Et surtout… je crois qu’après cette lecture, je ne regarderai plus jamais une cave de la même manière !
Une lecture intrigante, sombre et pleine de questionnements, avec une vraie réflexion sur l’effacement des femmes.
Livre lu dans le cadre des lectures communes de Alice au pays des livres et en présence de l'auteure.






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