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22 juin 2021

Pote cast' du Bibou c'est... Emmanuel TREDEZ

 


[POTE CAST'] Coucou Les Loulous, aujourd'hui, découvrons Emmanuel Trédez ! Un homme qui a gardé son âme d'enfant et qui nous fait déguster les jeux de mots !

Emmanuel, passons aux choses sérieuses ! Nous avons tous eu la chance de découvrir une brève biographie de toi sur la page de la librairie libellule et au salon Beaupuy se livre, mais moi je veux en savoir plus !

***Quelle est ta bibliographie ?

Cela fait un peu plus de vingt ans qu’est paru mon premier livre pour enfants. Depuis, j’ai publié environ quatre-vingts ouvrages, pour l’essentiel de la fiction : albums, premières lectures, romans… Je suis entre autres l’auteur des séries Mes premières enquêtes (Auzou) et En avant foot (Nathan), des romans Qui veut le cœur d’Artie show ? et La carotte se prend le chou (Nathan), Ali Blabla et Double 6 (Didier jeunesse), des albums Couleur colère (Flammarion) et Le portrait du lapin (Didier jeunesse). J’ai également publié une dizaine de documentaires pour Flammarion, Fleurus, Gallimard…
J’écris surtout des livres pour les enfants – mes livres s’adressent aux écoliers et aux collégiens –, mais j’ai sorti aussi deux recueils de textes humoristiques pour adultes au Castor astral.

***Quel genre de personne es-tu dans la vie ?

Sauf avis contraire, je suis plutôt facile à vivre, ouvert, fiable, je sais m’adapter, mais je suis aussi angoissé, susceptible, impatient !
En plus de l’écriture, je consacre pas mal de temps à la musique (je joue de l’alto dans un quatuor à cordes), au sport (tennis de table, natation), à la lecture, au cinéma, au théâtre… J’ai des goûts assez éclectiques.

***Quel auteur es-tu ? 

Je suis un touche-à-tout : j’écris pour toutes les tranches d’âge, j’aime varier les formes, les genres, les thèmes, les formats… Je me vois plutôt comme un auteur « humoristique » et j’aime particulièrement jouer avec les mots.

***Pourquoi écris-tu ? Qu’est-ce qui t’a motivé à le faire ?

J’ai toujours aimé écrire et toujours joué avec les mots, avec les lettres…
Selon la petite Mehreen, rencontrée dans une classe de Saint-Martin d’Hères, « Emmanuel Trédez est super balèze avec la langue française » !
Sans doute René Goscinny, quand j’étais enfant, Raymond Devos, dans mon adolescence, et Georges Perec, un peu plus tard, m’ont-ils donné le goût des jeux de langue.
Les uns m’apprécient pour ça, les autres regrettent parfois que certains de mes textes s’apparentent trop à des exercices de style.

***Et quel genre écris-tu ? Pourquoi avoir choisi ce genre plutôt qu’un autre ?

Je ne veux pas m’enfermer dans un genre. Mais force est de constater que j’ai écrit pas mal de « petits polars ». Sans doute parce que j’ai lu et lis encore beaucoup de romans policiers. Une autre raison est le succès de la série Mes premières enquêtes (douze tomes déjà parus, chez Auzou) que je dois alimenter régulièrement en nouveautés (environ deux titres par an depuis 2016).
Mes « polars » sont assez atypiques : ils sont en partie fondés sur des jeux de lettres (Mes premières enquêtes, Mes enquêtes à l’école des détectives) ou des jeux de mots (La carotte se prend le chou, Le hibou n’est pas manchot, Le cachalot nage dans le potage, L’araignée est une fine mouche, Le macaron est sur les dents, Morsures en série…).
Une enquête est également au centre de Qui veut le cœur d’Artie Show ? (quatre journalistes en herbe enquêtent pour découvrir l’identité du « serial lover » qui sévit au collège) et de Double 6 (deux policiers interrogent des élèves de quatrième après la disparition de leur copain Hadrien pour retrouver sa trace au plus vite)…

***Comment te vient l’inspiration ?

Comme l’amour, ça s’en va et ça revient…
Pour faire venir l’inspiration, rien de tel que des contraintes d’écriture !
Parfois, je saisis au vol l’idée qu’un éditeur m’a lancée : « écrire un roman pour les 9 -12 ans qui mêlerait différentes formes littéraires » (ce sera Qui veut le cœur d’Artie Show ?, chez Nathan) ; « écrire un album pour faire découvrir la politesse aux plus jeunes » (ce sera La fée Polly Tess et le chevalier qui ne connaissait pas les mots magiques, chez Larousse) ; plus récemment, « écrire un roman de 200 000 signes mettant en scène une adolescente de seconde qui reçoit un mail d’amour anonyme fourni par l’éditeur » (ce sera Emma, dans la collection Love in box, chez Fleurus).
Souvent, c’est moi qui m’impose des contraintes d’écriture : pour le plaisir de jouer avec la langue comme dans ce texte presque uniquement constitué d’anaphrases (association d’anagrammes dans une phrase), paru dans une version simplifiée (Les histoires de l’âne Graham, chez Milan) ou dans ce petit roman où un grand nombre de mots du texte (« narquois », « coiffeuse », « coalition », « quadrilatère »…) évoquent par leur sonorité le COAssement des grenouilles (On n’est pas des mauviettes, côa !, chez Talents hauts).
Il m’arrive aussi de partir d’un jeu de mots : « Le homard m’a tuer » – une allusion à l’affaire Omar Haddad – m’a donné l’idée d’écrire un polar parodique dont tous les personnages seraient des animaux marins : ce sera Le cachalot nage dans le potage, chez Nathan. Et « Ali Blabla » m’a non seulement fourni le titre de mon roman, mais aussi l’univers, le ton du récit et un des principaux traits de caractère de mon héros…

***Comment choisis-tu le titre de tes livres ?

Les titres de mes cinq « polars parodiques » sont des jeux de mots. Normal, c’est la matière de ces livres : Le hibou n’est pas manchot, L’araignée est une fine mouche, Le macaron est sur les dents, Le cachalot nage dans le potage, La carotte se prend le chou…
C’est le cas aussi d’Ali Blabla, Hercule, attention travaux, Qui veut le cœur d’Artie Show ?, Un fantôme dans de beaux draps…
Il arrive que l’éditeur ne retienne pas mon titre. Par exemple, Les Dents de la ferme (une enquête policière dans une ferme pédagogique et une allusion au film, Les Dents de la mer) n’a pas été retenu par Nathan qui craignait que mon titre ne soit pas assez explicite. Mais j’aime bien aussi le titre sous lequel il est finalement paru : Morsures en série.

***Quel est ou quels sont le(s) but(s) de tes livres ?

Je n’ai pas particulièrement de messages à faire passer dans mes livres – ou alors, entre les lignes –, mais j’aime faire rire (je joue avec les mots, je crée des quiproquos), surprendre (d’où mon goût pour les enquêtes), faire découvrir (un point commun avec mon métier d’éditeur), faire rêver aussi.

***Qu’est-ce qui te fascine le plus dans l’écriture ?

La richesse de la langue, les émotions que l’on peut susciter chez un lecteur…

***Pour toi, tes livres sont destinés à quel(s) public(s) ?

J’écris surtout pour les enfants de primaire et de collège.
C’est difficile de dire précisément à quelle tranche d’âge ils s’adressent : cela dépend tellement des capacités de lecture de chaque enfant…
Le plus souvent, dans mes livres, il y a plusieurs niveaux de lecture.
Ainsi, on peut lire mes polars parodiques dès le CE2 ou le CM1 (pour les bons lecteurs) : on appréciera les enquêtes loufoques, les personnages insolites… Mais ce n’est qu’en CM2 ou en sixième (peut-être même plus tard encore !) qu’on pourra comprendre les références ou les jeux de mots. C’est comme pour Astérix : on en découvre à chaque relecture ! C’est pour ça que mes polars parodiques sont appréciés à la fois par les enfants et par les adultes (pour peu qu’ils ne soient pas allergiques aux jeux de mots).
Même quand j’écris des albums pour les plus jeunes, je pense aux parents qui font la lecture à leurs enfants, et j’essaye de faire en sorte qu’ils y trouvent leur compte, eux aussi. Je pense en particulier au Portrait du lapin, chez Didier jeunesse.

***Quels sont les aspects humains que tu considères comme les plus importants quand tu rencontres ton lectorat ?

Quand je vais rencontrer mes jeunes lecteurs dans les classes, je suis heureux de contribuer à cette mission essentielle que partagent les acteurs du livre (auteurs, éditeurs, enseignants, bibliothécaires…) : donner aux élèves le goût de la lecture.
Si en plus, mon passage dans une classe peut aussi leur donner envie d’écrire…
Mais je ne suis pas sûr d’avoir répondu à la question !

***Et toi, quel genre de lecteur es-tu ?

Je ne suis pas un gros lecteur : je lis une vingtaine de livres par an (sans compter les BD), une trentaine en 2020, année confinée, mais la lecture compte beaucoup pour moi. Je lis surtout des romans, avec une prédilection pour les romans policiers, des albums de bandes dessinées, plus rarement des essais. En jeunesse, je lis surtout les livres de certains de mes amis auteurs.

***Que nous conseillerais-tu de lire ?

Je suis très admiratif de l’œuvre de Pierre Lemaître, un écrivain qui porte bien son nom. Bien sûr, on n’a pas attendu mes conseils pour se jeter sur ses livres !
Je l’ai découvert avec Au revoir là-haut, le Goncourt 2013. J’ai ensuite dévoré ses romans policiers (notamment sa série Verhœven) et je l’ai retrouvé avec un immense plaisir dans Couleurs de l’incendie. Le troisième tome de cette trilogie m’attend : Miroir de nos peines !

***Qu’est-ce qui t’a le plus marqué dans ta vie d’auteur ?

Il y aurait beaucoup de choses à dire ! Dans la vie d’un auteur, les occasions ne manquent pas de connaître de grandes joies, des petits bonheurs, des moments de fierté, mais aussi des frustrations, des déceptions, des moments de colère …
Après avoir publié plus de quatre-vingts livres, je continue à considérer la publication d’un livre comme un parcours du combattant. Qu’est-ce qui fait qu’un éditeur accepte ou refuse un manuscrit ? Ça ne tient pas à grand-chose parfois !
Pour moi, c’est un des aspects les plus difficiles de la vie d’auteur. Mais je n’ai pas trop à me plaindre, la chance m’a souri plus d’une fois !

***Enfin, si tu avais une baguette magique qui te permet de te faire écouter du monde entier pendant 10 secondes, quel serait ton message ?

Euuuuuuuh…
Quoi, c’est déjà fini ? Mais je n’ai encore rien dit !
Dommage parce que ce n’est pas facile d’être reconnu en tant qu’auteur ou de voir un de ses livres sortir du lot. Il y a tellement d’auteurs talentueux et de livres dignes d’intérêt. Mais il faut croire en sa bonne étoile !

Merci, beaucoup Emmanuel pour tes confidences !

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